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Développé par un médecin de Total, ce drone peut aussi être utilisé sur les plateformes pétrolières pour évaluer des fuites d’hydrocarbures ou jouer les éclaireurs.

Carapace rose vif et longues pattes noires, le drôle de gros insecte s’élève avec un bourdonnement sourd au-dessus de la plate-forme pétrolière de Dalia, au large des côtes angolaises. Sur l’héliport, Gérald Dumartin est concentré sur sa tablette, reliée à un joystick. Soudain, dans une accélération spectaculaire, l’engin file à 80 kilomètres/heures au-dessus du navire-hôpital, amarré quelques dizaines de mètres plus loin, pour une petite démonstration des capacités de ce drone innovant, qui a gagné le concours Lépine en septembre dernier.

Car Helper (c’est son nom) n’est pas tout à fait un drone comme les autres. Imaginé par Fabien Farge, médecin urgentiste employé par Total sur ses plateformes angolaises, et Gérald Dumartin, pompier et pilote de drone, c’est le premier du genre à être utilisé comme secouriste. « L’innovation, c’est surtout son usage original et son côté couteau suisse », souligne Fabien Farge.

Secouriste, cartographe et pompier

Equipé d’une caméra thermique, il est capable de détecter à des centaines de mètres à la ronde un homme à la mer, y compris la nuit. Il peut lui parler et le rassurer grâce à une radio embarquée, et larguer une bouée autogonflable avec une précision de 10 centimètres. Sa couleur est celle qui se voit le mieux au-dessus de l’eau : il peut aussi être utilisé comme balise visuelle pour les sauveteurs.

Autre originalité, il cartographie les sites sur lesquels il est amené à intervenir en quelques minutes. Il a été testé cet été sur les plages de Biscarrosse (Landes), et les deux compères ont déjà suscité l’intérêt de plusieurs collectivités locales de la côte.

En le testant aujourd’hui en Angola, Fabien Farge et Gérald Dumartin espèrent aussi séduire l’industrie pétrolière. « Il peut être utilisé pour secourir un homme à la mer, mais aussi pour mesurer l’épaisseur d’une nappe d’hydrocarbure en cas de fuite, grâce à sa caméra thermique », explique Fabien Farge.

Bien moins cher qu’un hélicoptère

« Il peut également être envoyé en éclaireur, sans être vu ni entendu, si un bateau non autorisé entre dans la zone sensible, évitant ainsi d’exposer des hommes en cas de danger. Ou encore larguer de la poudre anti-incendie pour éteindre des départs de feu. En réalité, ses applications potentielles sont multiples et nous travaillons avec les industriels pour l’adapter. »

Dans sa version équipée pour l’offshore pétrolier, Helper vaut environ 40.000 euros. « A comparer avec le prix d’une heure d’hélicoptère : 20.000 dollars en Angola ! » souligne Fabien Farge. Les deux associés viennent de lever 100.000 euros en prêt à l’amorçage auprès du Crédit Agricole. Et espèrent décoller rapidement.